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« En ce jour et aux suivants, l'on va entendre les belles voix qui chantent
aux Ténèbres en l'Abbaye de Longchamp (…) »

(Calendrier historique avec le journal des cérémonies et usages qui s'observent à la Cour, à Paris et à la Campagne, impr. Jacques Chardon, Paris, 1746)

Traditionnellement chantées lors des trois jours saints avant Pâques, les Lamentations de Jérémie relatent la destruction de Jérusalem et la déportation de ses habitants par Nabuchodonosor en l'an  586 av J.C.

Durant l'époque baroque, elles prennent le nom de Leçons de ténèbres et sont associées à une liturgie de la nuit et de la lumière (les bougies s'éteignent peu à peu). Entre souvenirs et mystères allégoriques, ces leçons préfigurent les souffrances du Christ durant le temps de la passion chantées originellement au coeur de de la nuit. « Les ténèbres » participent tout autant à l'exercice d'une ferveur spirituelle qu'à la représentation dramaturgique et parfois ostentatoire de la foi ; l'on allait à Ténèbres comme au théâtre.

Loin de proposer une recontextualisation de ce répertoire le choix a été fait de mettre en regard trois leçons,  des textes d'origines diverses et des oeuvres instrumentales de poser la question suivante : que nous disent aujourd'hui ces oeuvres, à qui peuvent-elles encore s'adresser, quel sens revêtent-elles aux oreilles de nos contemporains ?

Ne sont-elles pas, malgré l'éloignement chronologique, l'expression d'un monde qui assiste impuissant aux troubles des guerres et des luttes qui surgissent incessamment ?


Du Caurroy, Fioco, Couperin, De lalande, Dufour, Colonna, Frescobaldi...


Etudiants des classes de chant baroque, de basse continue, de violoncelle et de viole de gambe, de clavecin, d’orgue du département de musique ancienne et d’art dramatique du CRR de Paris et du PSPBB.

 

Temple du St Esprit, 5 rue Roquépine, Paris 8e