http://crr.paris.fr/Un_beau_jour/Accueil.html

Chauveau, « Liber Novus »
5 mouvements, pour Alto et 2 barytons

« Liber novus » puise son inspiration dans le livre écrit de la main de Carl-Gustav Jung, Le Livre Rouge - au sous-titre éponyme liber novus -

La musique  de « Liber Novus »  s’empare de l’idée de dialogues introspectifs entre l’homme et son double, le moi et cet inconscient fait d’ombre et de lumière. L’alto est ici l’incarnation d’une 3ème voix, en quelque sorte « l’anima » junguienne, la part féminine de l’homme.

La langue est traitée comme un matériau, prétexte à un jeu sur la couleur, le rythme, l’intonation et non dans un mot à mot compréhensible, ainsi le vocabulaire s’affranchit-il de toute temporalité. Le sens se fait son et inversement. L’homme et son ombre s’expriment en sanskrit, en grec ancien, en allemand, en latin, en langage oiseau, en français ; quelques vers d’Edmond Jabès se faufilent…

Le sens (sur-sens, contre-sens, sous-sens) agit sur l’énergie : impulsion, contemplation… La musique (instrumentale, vocale, sons, cris, mots) cherche à s’approcher au plus près de soi, de ce qui  ré-« clame »  de ce qui pro « vo(c) ».

Voyage intérieur, plongée dans l’inconscient, quête du Soi, l’idée étant  d’écrire à 3 voix cette expérience de l’unité. L’Homme, Baryton 1, à la rencontre de  l’Ombre , baryton 2, et  de l’ Anima , l’alto.

– I Prologue  L’Homme est seul, abattu, peut-être ivre, désespéré ou fou… L’Homme n’entend pas et grogne  dans une langue inaudible, sorte de langue oiseau dont la sonorité fait sens. L’Ombre cherche à apaiser  l’Homme qui se laisse bercer avant de sombrer dans le sommeil.

– I Combat avec l’ombre  L’Homme dort. L’Ombre perturbe le dormeur. Elle incarne les forces obscures, occultes, l’énergie du sombre, de l’inconnu, de l’inconscient. Y a-t-il vraiment réveil ? Sont-ils deux ? Ne sont-ils qu’un ? Les deux voix s’accordent sur l’évocation de l’esprit des profondeurs…

– III Rencontre avec l’ange Si l’alto initialement précède, accompagne, souligne, sa voix ici,  au centre de l’œuvre, est l’Anima junguienne et  parle la langue sacrée du récit-chanté des cantate de Bach… et l’Homme surpris  se met à l’entendre ! L’Ombre conclut cette rencontre  avec l’Anima en glissant dans les profondeurs… au delà du possible !

– IV Archétype   L’énergie de l’inconscient collectif relie et délie dans un chant sauvage, tribale, archétypique. Cette monodie  homophonique s’individualise et dérape ; Möglichkeit (possibilités), dernier mot du livre Rouge de Jung, ouvre  sur l’indépendance acceptée.  La poésie  d’Edmond Jabès clôt le mouvement.

– V Stabat Anima  Comme un « faux » Stabat … se tient désormais l’Anima révélée. Le profond de soi fait ombre et écho,  Sum qui sum,  et enrichit l’épaisseur du chant de l’être…  

Liber Novus comme  un nouveau Soi qui s’harmonise.

Alto Olivier Marin, Baryton 1 l’Homme : Olivier Césarini, Baryton 2 l’Ombre :Antoine Foulon
Compositeur Caroline Chauveau

Frank Bridge, Lamento pour deux altos

Alti : Françoise Gnéri et Clément Sozanski

Bacri, Piccolo concerto notturno op. 137
pour alto solo et ensemble d’altos Commande du CRR de Paris
et de l'Eastman School of Music Rochester

Répondant à la double commande de deux professeurs d’alto de mes amis, Louis Fima et Carol Rodland, le Piccolo Concerto Notturno fut écrit en gardant à l’idée sa vocation didactique. Il s’agit d’une pièce conçue pour une ou plusieurs classes d’altistes dont le professeur (ou un élève particulièrement brillant) sera le soliste dialoguant avec un ensemble plus ou moins fourni d’élèves (ou de collègues), au moins quatre, et jusqu’à seize ou plus. La progressivité de la difficulté était également présente dans mon esprit puisque la quatrième partie de l’ensemble peut être jouée par des élèves débutants alors que les parties un, deux et trois doivent être confiées à des élèves plus expérimentés.

La structure générale de l’œuvre est volontairement simple : Un adagio douloureux, un Scherzo fantômatique et inquiétant et le retour de l’adagio avec une esquisse de fugue interrompue par la citation du Kaddish (Prière des morts pour les hébreux), hommage à l'épreuve qui fut celle de l’un des dédicataires de cette œuvre, à laquelle j'ai souhaité m'associer... à ma manière.

Nicolas Bacri

Girard, Lever du jour
pour alto et piano (2010)

C’est une pièce entièrement dédiée à la sonorité chaleureuse de l’alto, et à ses possibilités expressives, si émouvantes dès qu’il s’exprime dans un langage mélodique et évolue sur son plus large ambitus. L’interprète est invité à « respirer à plein poumons » de manière à trouver un phrasé approprié pour cette longue phrase très calme qui va se déployer progressivement. Le lever du jour apparaît alors comme l’image symbolique de ce que l’interprète ressent en lui alors que la mélodie progresse peu à peu vers la clarté.

Le langage est modal, dépouillé. Le piano effectue une simple toile de fond : une suite d’accords qui se répète en boucle à la manière d’une passacaille.

Anthony Girard

Lieder romantiques allemands

Une évocation du thème de la Nuit et de  sa symbolique multiple , tout au long de la période romantique et post-romantique  du  Lied allemand. Selon les poèmes , la Nuit est l' accès aux songes et à la volupté tout autant qu' aux ténèbres  de l'Inconscient et de la Mort.  Elle peut être consolatrice ou angoissante , libératrice ou oppressante,merveilleuse ou terrifiante, et bien souvent tout cela à la fois.

Philippe Biros


Schubert, An den Mond, Nacht und Traüme,Nachtstück,Waldesnacht
Schumann, Mondnacht, In der Nacht  
Brahms, Der Tod das ist die kühle Nacht, Die Mainacht
Wolf, Nachtzauber
Strauss, Nachtgang, Die Nacht, An die Nacht
Mahler, Um Mitternacht
Berg, Nacht


Avec la participation des classes de chant de Florence Guignolet, Fusako Kondo et Yves Sotin,  de la classe d'accompagnement d' Ariane Jacob et Philippe Biros, et du PSPBB.


Ellen Giacone et Julie Prola ,sopranos
Aliénor Feix, mezzo-soprano
Ju In Yoon et Alexandre Pradier, ténors
Olivier Césarini, Benoît Rameau et Xiaohan Zhai, barytons
Philippe Biros,Olga Dubynska,Mayoko Salloum,Ayumi Sugiyama,Anna-Sophie Szcepanek et Manuel Vieillard, pianistes
Philippe Biros, présentation