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Cette année le titre de la série thématique de la saison culturelle du CRR se fredonne sur un air bien connu : «Un beau jour… ou était-ce une nuit ?». En parcourant le programme un constat apparaît : la nuit semble inspirer beaucoup plus les créateurs que le jour.

Plus précisément le Jour apparaît comme un objet unique : il brille, il est tout en clarté et finalement s’impose par son évidence… ou alors il faut aller dans l’ «entre-deux», dans les moments de passage, l’Aube et le Crépuscule de la symphonie « A Day » en création mondiale de Nicolas Bacri, dans le «Lever du jour» d’Anthony Girard, dans la symphonie «Le Matin» de Joseph Haydn.La Nuit, elle, est multiple : parfois sereine et douce dans les Nocturnes de Chopin et Fauré, propice au recueillement dans les Leçons de Ténèbres baroques, porte ouverte sur le monde des songes comme le prouve Eric Frey avec les étudiants du département d’art dramatique, elle cache souvent une douleur chez les romantiques allemands (Lieder de Schumann, Brahms, Strauss, Mahler) et même chez Berlioz dont le titre faussement serein de « Nuits d’été » renvoie au recueil « La comédie de la mort » de son ami Théophile Gautier, enfin elle va jusqu’à devenir troublante voire inquiétante par la voix de Daniel Mesguish qui fait surgir ces créatures de Lautréamont qui resteront à jamais… en mal d’aurore.

Mais l’on sait bien qu’à la fin tout se conclut par une chanson, à plus forte raison quand on a choisi un tel titre général, alors cette fois cette chanson est illustrée par le département de danse contemporaine sur une idée joyeuse et définitive : «le Soleil a rendez-vous avec la Lune» !

Xavier Delette