Autour de l’œuvre de Federico Mompou

Lundi 13 janvier, salle Gabriel Fauré

De 10h à 18h : Master classe de piano par Jean-François Heisser : autour de l’œuvre de Federico Mompou, l’« esprit d’enfance ».
À 19h : Concert de restitution par les étudiants des classes de piano du conservatoire.

Frédéric Mompou (1893-1987), compositeur-pianiste resté à l’écart de toutes les révolutions esthétiques du XXe siècle, a tracé une voie singulière à l’héritage chopinien en délaissant la virtuosité pour l’amour de la résonance. Sa quête de simplicité extrême, l’idéal de dépouillement, le « primitivisme » auquel il aspira toute sa vie donnent une profondeur singulière à ce que l’on peut appeler « l’esprit d’enfance » en musique au-delà des pièces qu’il a spécialement consacrées à l’Enfance. Latin enraciné, contemplatif à la fraîcheur inspirée, il a atteint à une pureté formelle dont les recueils de Canciones y danzas et Música callada laissent une trace captivante, revisitée par de plus en plus de solistes tels Jean-François Heisser, qui vient de les enregistrer.

Jean-François Heisser
"Artiste complet", l’expression prend tout son sens avec Jean-François Heisser, pianiste, chef d’orchestre, pédagogue à la vaste culture et à la curiosité sans cesse en éveil. Né à Saint-Etienne, titulaire de six premiers prix au Conservatoire de Paris, il est le disciple et l’héritier de Vlado Perlemuter et Henriette Puig-Roger avant de se perfectionner auprès de Maria Curcio, récemment disparue. Il enseigne à son tour depuis 1991 au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Parmi ses disciples on peut citer Bertrand Chamayou et Jean-Frédéric Neuburger avec lesquels il entretient une relation de grande complicité musicale.

Le début de son parcours est partagé entre la musique de chambre, une activité soliste et la musique contemporaine : il joue entre autres la Turangalilâ-Symphonie et Des Canyons aux Étoiles d’Olivier Messiaen avec les plus grands orchestres sous la direction de Mehta, Janowski ou Segerstam. Ses premiers enregistrements marquants sont "l’œuvre pour piano" de Paul Dukas, le coffret "Espagne" (six CD chez Erato). Le fil conducteur de sa carrière reste toutefois Beethoven, compositeur dont il enregistre les dernières Sonates, Bagatelles et Variations Diabelli (2 CD chez Naïve, 2000).

Depuis 2001, sa carrière a évolué vers une activité conjuguée de soliste et de chef d’orchestre. Développant le projet de l’Orchestre Poitou-Charentes, "orchestre Mozart", il l’a hissé au plus haut niveau des formations françaises, ainsi qu’en atteste l’enregistrement De Falla (L'Amour Sorcier,Les Tréteaux de Maître Pierre, Mirare, 2007), salué par une presse unanime. Aucune terra incognita ne décourage l’insatiable défricheur au jugement avisé qu’est Jean-François Heisser. C’est ainsi que le pianiste a récemment créé le Concerto de Gilbert Amy (Orchestre philharmonique de Radio France), La Ville de Philippe Manoury (commande de Piano aux Jacobins enregistrée chez Praga), tandis que le pianiste et chef révélait, avec l'OPC, Terra Ignota de ce compositeur (Bouffes du Nord, 2008).

Son exigence d’interprète le pousse à jouer régulièrement sur pianos historiques (Weber, les quatre Sonates chez Praga, Konzertstück chez Mirare, sur piano Erard). Avec le chef François-Xavier Roth et son orchestre "Les Siècles", il alterne claviers modernes (les trois Concertos de Bartók) et instruments d’époque (Saint-Saëns).

En 2009, il joue Beethoven au Concertgebow d’Amsterdam avec Jean-Claude Casadesus, Prokofiev à l’Opéra de Berlin, Saint-Saëns à l’Opéra Comique de Paris et enfin les cinq concertos de Beethoven qu’il dirigera du piano avec l’OPC le 18 octobre. En parallèle, il a dirigé depuis 2008 les orchestres de Bordeaux, Île de France, Auvergne, Pays de Savoie, Colonne, Grenade, etc.

Ses prochaines parutions discographiques proposeront une nouvelle version d’Iberia d’Albéniz (présentée au Théâtre de la Ville le 3 octobre 2009) un hommage au pianiste Ricardo Viñes ; Debussy (avec Hervé Niquet, Marie-Josèphe Jude et le chœur de la Radio Flamande) et le 4e Concerto de Saint-Saëns (enregistré en live à l’Opéra Comique avec François-Xavier Roth et "Les Siècles").Il préside également l'Académie Maurice Ravel de Saint-Jean-de-Luz et assure la programmation des Soirées musicales d'Arles.

Aventures et nouvelles aventures s’ouvrent devant Jean-François Heisser dans l’espace-temps, maîtrisé, du monde musical.

Jean-François Heisser est Directeur artistique de l’orchestre Poitou-Charentes, Président de l’Académie Internationale de musique Maurice Ravel et Directeur artistique des Soirées musicales de Arles

Federico Monpou
Né à Barcelone 16 avril 1893, mort à Barcelone le 30 juin 1987. Il est issu d'une famille aisée catalane avec des racines françaises. Un de ses grands-parents est propriétaire d'une fonderie de cloches (les cloches Dencausse). Il reçoit ses premières leçons de piano d'une de ses tantes. Il fréquente l'école française de Barcelone et suit des études musicales à l'Orfeo Barcelonais avec Pedro Serra.

Il donne son premier concert public le 4 mai 1908 et profite de l'occasion pour abandonner l'école. Il semble que l'envie de composer lui est venue de l'audition du Quintette pour piano et cordes en fa de Fauré interprété par le compositeur en avril 1909 à la Salle Mozart de Barcelone.

Le début de son recueil les Impressions intimes date de 1911 et fixe définitivement son style d'improvisation notée. Recommandé par Granados auprès de Fauré alors directeur du Conservatoire de Paris, de Louis Diemer (1843-1919) et d'Isidore Philipp qui y sont professeurs, ainsi qu'auprès de Ricardo Viñes par un violoniste de connaissance, il s'installe à Paris en octobre 1911 dans le but de poursuivre ses études musicales.

Il suit des cours de piano avec Diemer et de composition avec Émile Pessard, mais renonce à entrer au Conservatoire.

Isidore Philipp le recommande à Ferdinand Motte-Lacroix qui fait alors une belle carrière de pianiste et enseigne dans les années 1920 au Conservatoire de Strasbourg. Il suit sans intérêt et sans succès quelques cours d'harmonie avec Samuel Rousseau. Il passe l'été 1912 à Barcelone, de retour à Paris il s'installe à Montmartre, continue ses études avec Motte-Lacroix, retourne faire son service militaire en Espagne. Il est rapidement réformé, renonce à la carrière de pianiste, ébauche quelques pages de théorie esthétique et achève les Impressions intimes en 1914.

En 1915 il compose Jeux sur la plage et les Scènes d'enfants. La même année il fait la connaissance du compositeur Manuel Blancafort (1897-1987) dont dont le père qui fabrique des rouleaux pour des instruments mécaniques (la firme Victoria), est propriétaire de l'établissement thermal de La Garriga. Mompou passe une jeunesse dorée. Il rencontre Manuel de Falla ou Prokofiev au cours de réceptions organisées par sa mère dans la grande maison familiale. Il rencontre aussi Arthur Rubinstein avec lequel il fait le tour des cafés et cabarets de la ville.

En 1920, sur l'intervention du pianiste Agustin Quintas, l'Unión Musical Española édite ses Chants magiques dédiés à Motte-Lacroix, qui connaissent un certain succès.

En 1920 il revient à Paris, où Motte-Lacroix et Vuillermoz lui assurent une bonne publicité, mais avant de rencontrer Vuillermoz qui a préparé un entretien, il entre précipitamment à Barcelone.

Il est de nouveau à Paris en 1921 pour un concert de Motte-Lacroix qui a mis plusieurs de ses oeuvres à son programme. C'est un succès qui l'introduit dans les salons parisiens. En 1923 il a une liaison avec Maria, une femme mariée dont il gère les biens. En 1924 il crée une société de chocolats glacés en Espagne qui fait rapidement faillite.

À Paris, il tente sans y réussir d'écrire un quatuor à cordes et transcrit le premier concerto de Paganini pour violon et piano à la demande du violoniste Ramon Borras. En 1927 il passe l'été à Dinard avec son amante et commence la composition de ses Préludes. Il passe également l'été 1928 à Dinard avec sa famille et une ami de sa mère Lluis Duran I Ventosa..

En 1931 il se joint à quelques compositeurs catalans au sein d'un groupe des « Compositeurs Indépendants de Catalogne » qui ne survit pas à un premier concert à Barcelone.

Jusqu'en 1937, sujet à de nouvelles crises de neurasthénie, il ne compose plus. Son frère est atteint de tuberculose, son père décède en mars 1935, et sa mère se remarie avec  Lluis Duran I Ventosa en octobre 1938. Il les accompagne en voyage de noces en Italie, mais reste à Paris, puis gagne Biarritz avec son amante quand la guerre éclate, alors que sa famille rejoint Barcelone, qu'il regagne lui-même en 1941 et s'y fixe définitivement.

La même année, à l'occasion d'un concours de piano, il rencontre une jeune candidate, Carmen Bravo, avec laquelle il lie une longue et fructueuse amitié qui aboutira à un mariage en 1957. Il compose à nouveau, retrouve la notoriété et reçoit des reconnaissances officielles tant de la France que de l'Espagne. Sa musique a un grand succès en Angleterre.

En 1955, la création d'un ballet sur plusieurs de ses compositions est un triomphe.

 

Lundi 13 janvier
FEDERICO MOMPOU

Lundi 13, mardi 14 et mercredi 15 janvier
KURODA, BARTOK, PRÉVERT, QUENEAU…

Mardi 14 janvier
LES ENFANTS TERRIBLES

Mardi 14 janvier
LE CUIRASSÉ POTEMKINE

Mercredi 15 janvier
BETTY BOOP, FELIX THE CAT

Mercredi 15 janvier
AKI KURODA -  SAYAKA SHOJI

Jeudi 16 janvier
« 1, 2, 3 SOLEIL ! »

Vendredi 17 janvier
ALICE AU PAYS DES MERVEILLES

Lundi 20 janvier
MUSIQUES DE DESSINS ANIMÉS

Mardi 21 janvier
TRANS’FUSION

Mardi 21 janvier
PIOU, CONTE POUR ENFANTS

Mercredi 22 janvier
GUY SACRE

Jeudi 23 janvier
BAMBI

Lundi 27 janvier
CONTE MUSICAL


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