Ciné-concert : Le Cuirassé Potemkine

Mardi 14 janvier à 20h, salle Pleyel
Le Cuirassé Potemkine, film de Sergueï Eisenstein, Musique de Dimitri Chostakovitch. Ciné-concert par l’orchestre symphonique du Pôle supérieur Paris – Boulogne-Billancourt. Pierre-Michel Durand, direction.
Entrée payante : 01 42 56 13 13

Le Cuirassé Potemkine, certainement l’un des plus grands films de tous les temps, met en scène la mutinerie des marins du cuirassé éponyme à Odessa – mutinerie qui reste aujourd’hui emblématique de la révolte de 1905, que l’on considère comme une répétition à la révolution d’octobre 1917. La révolte s’était alors propagée à toute la ville, donnant l’occasion à Eisenstein de filmer une scène restée célèbre entre toutes, celle de la fusillade sur les escaliers monumentaux auxquels le film a depuis donné son nom : les soldats du Tsar ouvrent le feu sur la foule, les corps tombent par dizaines ; un landau lâché par une mère foudroyée dévale les degrés dans un traveling en plongée, tragique et spectaculaire. À la sortie du film, un compositeur autrichien, Edmund Meisel, lui composa une musique, fruit d’une collaboration assez lointaine avec le cinéaste. Si elle contribua à la carrière du film, elle ne s’imposera pas, non plus que celles des quelques autres compositeurs qui ont depuis tenté de relever le défi. Plus récemment, notamment pour la publication de l’œuvre sur divers supports vidéos ou sa représentation en ciné-concert, on lui préfère ainsi souvent une partition de Nikolaï Krioukov (composée en 1950), ou de Prokofiev – dont la collaboration avec Eisenstein a abouti à deux sommets du genre : Alexandre Nevsky et Ivan le Terrible – ou encore, comme pour ce concert de l’Orchestre Symphonique du Pôle Supérieur Paris Boulogne-Billancourt, une musique de Dmitri Chostakovitch.

On sait à quel point la musique est importante au cinéma et combien une bande son réussie peut grandement contribuer à la réussite d’un film. Pourtant, malgré l’immense succès du Cuirassé Potemkine, l’histoire de sa musique, ou plutôt de ses musiques, connut bien des vicissitudes.

Dès la première présentation du Potemkine qui eut lieu au Bolchoï à Moscou en décembre 1925, le choix des musiques fut difficile car Eisenstein ayant voulu retravailler le montage jusqu’au tout dernier moment, on ne disposait pas de la version définitive du film. L’orchestre du théâtre commença donc à accompagner les images avec des extraits d’opéras et de symphonies célèbres selon la tradition de l’époque, alors même que les dernières bobines du film n’étaient pas encore arrivées.

Quelques mois plus tard, l’Ambassade soviétique à Berlin organisa une projection privée dans une version modifiée pour éviter la censure et la musique fut improvisée sur l’orgue du théâtre. La compagnie allemande Prometheus acquit les droits du film et demanda alors à Edmund Meisel d’en composer la musique, en liaison avec Eisenstein. Cette partition devait s’adapter aux dimensions réduites des orchestres de théâtre. Bien qu’écrite en quelques jours seulement, cette musique fut très appréciée et participa au succès considérable du film en Allemagne.

Avec l’arrivée du cinéma parlant, on chargea Meisel de réaliser la bande son. Il dut remanier sa partition car il y avait encore des changements dans le montage du film ainsi que de nouveaux problèmes techniques (vitesses d’enregistrement et de diffusion d’images différentes). Cette version sonore fut confisquée par les nazis en 1933 et disparut. La musique de Meisel ne fut que partiellement retrouvée en 1970. Dès lors, et jusqu’en 2005, plusieurs versions reprenant ces musiques furent réalisées, mais chaque fois remaniées, modifiées ou complétées, pour accompagner de nouvelles versions du film.

Entre-temps, à Moscou, le studio Mosfilm commanda en 1950 un nouvel accompagnement musical au compositeur soviétique Nikolaï Krioukov. Comme toujours, le film présenté fut modifié : montage raccourci, intertitres supprimés ou remplacés, ce qui pouvait véritablement inverser le sens de certains passages, notamment d’un point de vue politique. En 1975, le studio procéda à la restauration du film dans une version encore différente et décida de créer une nouvelle bande son à partir d’extraits de symphonies de Chostakovitch qui venait de mourir. Des fragments d’enregistrements de Mravinski avec l’Orchestre Philharmonique de Leningrad furent juxtaposés avec quelques musiques et transitions spécialement écrites pour l’occasion. Il n’existe aucune partition complète de cette version.

La musique que nous présentons aujourd’hui reprend l’essentiel de cette bande son. Nous avons cependant remplacé la plupart des transitions et musiques ajoutées par des extraits de la 7e symphonie, de la symphonie de chambre (elle-même transcription du célèbre 8e quatuor) ainsi que des symphonies n°5 et 10  déjà utilisées dans la version 1975. Nous avons élaboré une nouvelle partition qui permet à l’orchestre d’accompagner le film en direct, renouant ainsi avec la tradition du cinéma muet. Ces musiques grandioses et si poignantes s’inscrivent dans la conception artistique d’Eisenstein qui selon ses propres termes, souhaitait « labourer le psychisme du spectateur ».

Pierre-Michel Durand


Pierre-Michel Durand
Après des études au CNSM de Paris et à l’Ecole Normale de Musique dans la classe de Pierre Dervaux, Pierre-Michel Durand reçoit les précieux conseils de Carlo Maria Giulini et de Daniel Barenboim. Il remporte à 21 ans le Premier Grand Prix du Concours International de Direction d’Orchestre de Prague ainsi que le Prix de l'Orchestre Philharmonique Tchèque et le Prix Talich. Il est alors invité au MIDEM classique à Cannes avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo puis au Festival de Radio-France et Montpellier avec l’Orchestre Simon Bolivar de Caracas, au Festival de Marrakech, au Mai Musical de Florence, en Allemagne, en Italie, en Ukraine…

Chef associé de Jean-Claude Casadesus pendant plusieurs saisons, il se produit régulièrement avec l’Orchestre National de Lille au Nouveau Siècle et dans les festivals : Lille Pianos Festival, Festival de Musique française de Laon, Festival des Flandres, Festival de Canterbury… Il dirige également lors des
« Victoires de la Musique 2004 », en tournée avec la Cenerentola de Rossini ainsi qu’une représentation de Faust de Gounod à l’Opéra de Lille. Il est ensuite invité pour Carmen aux Pays-Bas et se produit au Théâtre de Lucerne (opéras de Verdi, Puccini, Offenbach…). Il est également Directeur musical de l’orchestre de l’Académie Internationale d’été de Nice où il joue avec de grands solistes : Pierre Amoyal, Michel Beroff, Olivier Charlier, Brigitte Engerer, Laurent Korcia, Viktoria Postnikova…

Directeur musical du Département de Formation à l’Orchestre au CRR de Paris depuis 2001, il se produit avec l’Orchestre Symphonique du Conservatoire dans les grandes salles parisiennes : salle Gaveau, Théâtre Mogador, Maison de Radio-France... Il est invité au Festival Messiaen La Trinité, à la Réunion, au Nouveau Siècle à Lille (Don Quichotte de R. Strauss avec Marc Coppey), et à Milan avec la symphonie n°3 de Mahler pour l’ouverture du Festival Radici del Futuro. Il était récemment au Théâtre du Châtelet pour un spectacle de ballets avec Petrouchka et Daphnis et Chloé ainsi qu’à la salle Pleyel pour plusieurs programmes, dont la symphonie n°1 de Mahler, les Tableaux d’une Exposition de Moussorgski et le Sacre du Printemps.

A la tête de l’Orchestre Prométhée qu’il a fondé en 2004, il a déjà donné plus de 200 concerts : festival Verdi, festival Wagner, hommages à Pavarotti et à Maria Callas, symphonie n°9 de Beethoven... Il a accompagné Daishin Kashimoto, Tedi Papavrami, Eric Le Sage, Paul Meyer, Xavier Philipps… Il a notamment enregistré pour France 2 les émissions « Musiques au Cœur » de Eve Ruggieri avec Natalie Dessay, Dame Felicity Lott, Patricia Petibon, Roberto Alagna, Rolando Villazon, Ludovic Tézier… Il se produit aux Journées Lyriques d’Eure et Loir avec les Requiem de Mozart et de Verdi, L’Elisir d’Amore de Donizetti, La Tosca et Madame Butterfly de Puccini, La Traviata de Verdi avec Sonya Yoncheva. Il a dirigé Prométhée à la Cité des Congrès de Nantes, aux Arènes de Nîmes, au Théâtre des Champs-Elysées, à l’Olympia (festival de Radio Classique) et à la salle Pleyel.

Il a enregistré Petrouchka de Stravinski avec l’Orchestre Philharmonique Tchèque, des œuvres de Poulenc pour Naxos, des ballets russes pour les DVD des Trockadero Ballets de Monte-Carlo ainsi que Pierre et le Loup de Prokofiev.

Récemment, il a dirigé plusieurs productions de Don Giovanni de Mozart, il a été invité pour le Concert du Millénaire à Rocamadour ainsi que pour plusieurs spectacles au Festival de Lacoste. Par ailleurs, il a remporté un grand succès au Théâtre du Châtelet pour les représentations de Don Quichotte avec le Ballet National de l’Opéra de Vienne et Manuel Legris. Il était également aux Lisztomanias à Châteauroux avec l’Orchestre symphonique du Pôle Supérieur Paris-Boulogne avec un programme Wagner, et il sera à nouveau salle Pleyel avec l’Orchestre Symphonique du Conservatoire pour la symphonie n°6 de Mahler.

 

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